Quel moteur choisir pour mon vélo électrique ?

27 février 2020

Qui dit assistance électrique dit motorisation. Si vous avez comme projet d’acheter un VAE, trois options s’offrent à vous selon les modèles : moteur roue avant, moteur roue arrière ou moteur pédalier. Pour vous aider dans votre choix, voici un petit passage en revue des spécificités, des avantages et des limites de chaque type de moteur. 

Un biporteur électrique Urban Arrow Family avec moteur pédalier

Le moteur roue avant

Pas de raison de chercher midi à quatorze heures, l’expression “moteur roue avant” désigne en toute logique l’ensemble des moteurs placés au niveau de la roue avant du vélo, et plus précisément dans sa partie centrale appelé moyeu. On notera toutefois que ce dispositif implique un ensemble de câblages qui parcourt l’ensemble du véhicule. 

À l’heure actuelle, les moteurs roue avant sont toujours les plus répandus dans le monde. On les retrouve généralement sur les modèles d’entrée de gamme. Bon marché et nécessitant peu d’entretien, ils offrent des performances efficaces et satisfaisantes pour la plupart des usagers, et tout particulièrement ceux qui débutent sur un vélo électrique.  

La puissance moteur étant transmise à la roue avant, votre vélo vous procurera la sensation d’être tirée vers l’avant (la fameuse traction), notamment au moment du démarrage. En terme de puissance de couple, les moteurs roue avant se situent pour la plupart entre 30 et 50 Nm, ce qui fait amplement l’affaire pour le plat et les reliefs modérés, mais peut se révéler insuffisant face à des côtes très accentuées. 

Pour ce qui est de la tenue de route, ce type de moteur présente un avantage auquel certains d’entre vous seront sûrement sensibles. Son poids permet en effet à la roue avant mieux coller à la chaussée, ce qui réduit par conséquent les risques occasionnés par la perte d’adhérence de la roue arrière dans les virages par temps de pluie. 

Le moteur roue avant fonctionne parfaitement avec tous les types de dérailleurs et de boîtes de vitesses (manuelle, automatique, Rohff, boite Nu Vinci, etc.). En revanche, de par son emplacement, il est incompatible avec les moyeux dynamo. Évitez également de l’associer à des freins à tambours et des entraxes de roue trop étroits ou trop larges. 

Son principal inconvénient se manifeste surtout quand vous êtes amené à changer votre roue ou votre chambre à air suite à une crevaison ou un endommagement sévère. Il sera alors nécessaire de le retirer puis de le remettre en place, ce qui gonflera à coup sûr – sans mauvais jeu de mots – le tarif global de la réparation. 

Vélo Oma Premium électrique avec moteur roue avant

Un modèle de Oma Premium électrique avec moteur roue avant.

Triporteur électrique Smiley avec moteur roue arrière

Et un triporteur électrique Smiley dont le moteur est situé au  niveau de la roue arrière.

Le moteur roue arrière

Autant vous prévenir tout de suite, cette présentation des caractéristiques d’un moteur roue arrière risque de ressembler à une longue litanie d’inconvénients… Mais prenez tout de même le temps de la lire jusqu’au bout parce qu’il y a un twist à la fin ! 

Tout d’abord, il faut savoir que ce type de moteur est rigoureusement incompatible avec une boîte de vitesses, puisque celle-ci est placée à l’intérieur du moyeu arrière. La seule option qu’il vous reste est donc le dérailleur, plus fragile et fastidieux à entretenir. En outre, une chaîne qui déraille régulièrement peut engendrer un dérèglement du capteur de pédalage et donc du système électrique de votre vélo adoré. Pour éviter cela, il vous faudra effectuer un réglage spécifique du dérailleur du vélo, qui aura inévitablement pour résultat de réduire sa durée de vie. 

L’équilibre des masses est une donnée à prendre en compte si le modèle qui vous intéresse est doté d’un moteur roue arrière. Imaginons que vous ajoutiez un enfant ou des objets lourds sur le porte-bagage (qui comprend déjà la batterie électrique), et ce sera plus de 70% du poids total qui se retrouvera à l’arrière du véhicule. Dans les montées, la roue avant aura alors tendance à flotter. Ce qui, vous l’admettrez, n’est pas le top du top au niveau du confort de conduite…

Bref, les modèles de vélos avec moteur roue arrière seraient plutôt à réserver à ceux qui disposent d’un budget limité et n’envisagent que des trajets courts avec peu de dénivelé. Le seul exemple disponible sur notre site a justement été pensé pour cette utilisation. Accessible à partir de 2190€, le Smiley est le vélo cargo familial par excellence, idéal pour les allers-retours entre l’école et la maison, avec des crochets possibles par la médiathèque, ou le parc de loisirs. Sa grande caisse à l’avant, capable d’accueillir jusqu’à 4 enfants, permettra de rétablir l’équilibre des masses, et donc de corriger l’un des défauts du moteur roue arrière signalés plus haut. Vous continuerez néanmoins de ressentir l’agréable sensation de poussée dans le dos, propre aux moteurs roue arrière, à chaque changement de vitesse.        

Si votre commune et ses alentours présentent quelques côtes assez raides, le Smiley électrique de base risque de montrer assez vite ses limites. Heureusement, – et c’est là que nous arrivons à notre fameux twist ! – Amsterdam Air a mis au point une version bimoteur du Smiley ! Certes, celui-ci est sensiblement plus cher mais, en termes de puissance, il sera capable de rivaliser avec les meilleurs moteurs pédaliers. Ce qui nous amène logiquement à la troisième partie de notre article ! 

Le moteur pédalier

Placé comme son son nom l’indique au niveau du boîtier de pédalier, le moteur pédalier est synonyme de montée en puissance, et cela dans tous les sens du terme. En effet, depuis quelque temps, il est clairement poussé en avant par les fabricants et les revendeurs de vélos électriques tant il semble répondre aux besoins actuels de leur clientèle. Surtout, le couple d’un moteur pédalier peut atteindre facilement les 70, 80 voire 90 Nm, là où les moteurs situés dans la roue dépassent rarement la barre des 65 Nm. Cette puissance accrue, qui permet d’aborder sans problèmes tous les types de dénivelés, lui vaut naturellement les faveurs des adeptes d’une pratique sportive du vélo. 

Niveau confort de conduite, le moteur pédalier a de quoi faire taire la concurrence. Le capteur de puissance analyse en direct la pression exercée sur les pédales par le cycliste et attribue en conséquence le bon nombre de watts pour l’assister dans son effort. La position plus ou moins centrale du moteur pédalier présente plusieurs avantages : elle l’aligne parfaitement avec le centre du gravité du vélo, répartit mieux l’équilibre des masses, bénéficie de la réduction de la boîte de vitesses et améliore le rendement du fait de sa proximité avec la transmission. La maniabilité et la stabilité s’en trouvent logiquement renforcées.  

Aucun débat possible non plus pour ce qui est de l’entretien et des réparations. Les moteurs pédaliers sont réputés pour leur fiabilité qui n’occasionne quasiment pas de SAV. Ils sont nettement moins sujets aux chocs que leurs cousins cités plus haut et n’ont pas besoin d’être retirés en cas de démontage des roues.  

Le moteur pédalier doit bien quand même avoir quelques défauts, vous demandez-vous certainement. Avouons-le : c’est le cas. Tout d’abord, en tant qu’élément central du vélo, il impose une géométrie de cadre spécifique, ce qui risque de limiter vos options. De par son emplacement, le moteur pédalier ne peut pas être associé qu’à un seul plateau. Conséquence : avec un dérailleur, la plage de développement se trouvera forcément réduite par rapport à un système avec triple plateaux à l’avant.

Si vous optez pour une boîte de vitesses, le moteur pédalier doit être désactivé à chaque changement de rapport, sous peine d’endommager la chaîne. Normalement, un capteur est là pour faire ce travail, mais, avec certains types de boîte de vitesses, il est conseillé de relâcher à ce moment précis la pression sur les pédales, avec l’inévitable baisse de régime que cela peut provoquer. Petite précision à ce sujet : la transmission NU Vinci que nous recommandons à nos clients n’est pas concernée par ce problème. 

Le principal frein à l’achat d’un vélo électrique équipé d’un moteur pédalier reste très probablement son prix. Celui-ci s’explique par le grand nombre de pièces qui composent l’appareil, la présence de un à trois capteurs et l’installation plus complexe pour que pour un moteur roue. Ceci dit, cet investissement supérieur au départ sera largement rentabilisé sur le long terme.  

Moteur pédalier Shimano Steps pour biporteur électrique Bakfiets Classic Steps

Un moteur pédalier Shimano pour biporteur électrique Bakfiets Classic Steps.

Moteur pédalier Yamaha pour triporteur électrique Babboe Curve Moutain

Un moteur pédalier Yamaha pour triporteur électrique Babboe Curve Moutain.

Moteur pédalier Bosch pour biporteur électrique Urban Arrow Family

Un moteur pédalier Bosch monté sur un biporteur électrique Urban Arrow Family.

Marques et modèles

Aujourd’hui, la grande majorité des nouveaux modèles de vélos électriques sont dotés de moteurs pédaliers. Sur le site d’Amsterdam Air, ceux que nous proposons peuvent être classés en fonction de quatre grandes marques : Shimano Steps, Yamaha, Brose et Bosch. Shimano équipe notre biporteur électrique maison ainsi que l’ensemble des vélos cargos Bakfiets. Tous nos biporteurs et triporteurs Babboe sont assistés, quant à eux, par des moteurs pédaliers Yamaha, une marque investie depuis longtemps dans ce domaine. Brose, en revanche, n’a succombé que depuis peu à cette tendance mais a su bien prendre le train en marche. Le fabricant danois Triobike lui a donc confié la motorisation de tous ses vélos cargos.

Vous aurez peut-être remarqué qu’Amsterdam Air avait récemment accueilli sur son site les biporteurs électriques Family et Shorty de la marque néerlandaise Urban Arrow (les modèles Cargo et Tender, réservés aux professionnels, ne devrait pas tarder à les suivre). Tous sont équipés de moteurs pédalier Bosch, fleuron de la fameuse Deutsche Qualität. Dans le cas des vélos cargos familiaux, trois types de moteurs pédaliers vous sont proposés en fonction de la puissance dont vous aurez besoin pour vos trajets : Active Plus, Performance et Cargo Line. Pour vous aider dans votre choix, Bosch a mis au point un outil en ligne extrêmement pratique et disponible en français.  

En conclusion

Nous l’avons vu, l’offre est donc vaste pour ce qui est des moteurs pédaliers. Comme beaucoup de nos confrères, nous vous les recommandons chaudement pour leur fiabilité et leurs performances sans pareil. Si l’on sort de l’équation la question du prix, les désagréments qu’il peut causer en termes de confort de conduite se révèlent plutôt limités, surtout si vous choisissez de façon avisée les autres composants de votre vélo électrique. 

Certains cyclistes vous diront que le passage d’un moteur roue avant à un moteur pédalier a nécessité un temps d’adaptation plus ou moins long. D’autres vanteront immédiatement son pédalage plus naturel. Le mieux pour vous est donc encore de faire un essai pour voir dans quel camp vous vous situez.