Opec is bike

L'OPEC a annoncé mercredi dernier une réduction de la production de pétrole et ... le retour du vélo ? 

Estimation des économies sur les transports et sur la santé publique que permettrait une pratique en France du vélo aussi intensive qu'aux Pays-Bas

Quelles économies pour un citoyen-cycliste si le prix du carburant revient au niveau de 2012 ?

Si l’OPEC renaît de ses cendres et parvient à réduire significativement sa production, les cours du carburant automobile pourraient retrouver leurs niveaux d’août 2012, soit une hausse de 60 centimes pour le litre de gasoil  par rapport aux prix de janvier 2016 .

Le coût au kilomètre d’une voiture en 2016 est d’environ 39 cts d’euro (1) alors que le coût au kilomètre d’un vélo à assistance électrique est de l’ordre de 10 cts d’euro (2).
La baisse du prix du gasoil de 0,60 euro par litre entre août 2012 et janvier 2016 a permis aux automobilistes d’économiser environ 500 euros par an (3), ce qui a été une mauvaise nouvelle pour le développement du vélo et pour la réduction des émissions de CO2.
Grâce à l’OPEC la tendance pourrait bien s’inverser et participer au développement des ventes de vélos électriques hollandais.

Combien économise aujourd’hui un citoyen qui fait du vélo ?

Vélo hollandais contre voiture

Vélo hollandais contre voiture

Aujourd’hui un citoyen français qui pédalerait autant qu’un Néerlandais moyen ferait 26% de ses kilomètres à vélo et 74 %  en voiture.
Sur une moyenne de 15 000 km par an parcourus pour une voiture :
– le coût pour un citoyen « A » qui fait 100 % de ses déplacements en voiture est de 5 850 euros,
– le coût pour un citoyen « B » qui fait 74 % de ses déplacements en voiture et 26 % à vélo est de 4 719 euros, soit une économie de 1 130 euros,  
– le coût pour un citoyen « C » qui ferait 100 % de ses déplacements à vélo serait de moins de 1 500 euros, soit une économie de plus 4 350 euros.

 

 

Quel serait l’effet pour le citoyen 100% voiture et pour le citoyen 100% vélo de la décision de l’OPEC ?
L’effet d’une hausse des cours du carburant de 50 cts en 2017 ré-hausserait le coût des déplacements pour le citoyen « A » de 500 € par an par voiture  (3), ou il ferait économiser au citoyen « C » 500 euros.

(1) estimation à partir du barème kilomètrique 2016 sur service-public.fr/particuliers/actualites/A10443
(2) sur la base de 11 km par jour pendant 5 ans et d’un prix d’achat du vélo électrique de 1 800 € (11 km = 26% du kilométrage moyen d’une voiture en France et 26% = part des déplacements à vélo aux Pays-Bas) 
(3) sur la base d’une consommation moyenne de 6.5 l / km

 

Quelles économies pour le pays ?

Drapeau vélo France Hollande

Vélo : France vs Pays-Bas

Imaginons que le citoyen français se mette à pédaler comme un hollandais.  Quelles seraient les conséquences économiques pour la France ?

Il y a environ 32 millions de véhicules légers en France en 2016 (1) qui parcourent chacun en moyenne  15.000 km par an (2).
Les français feraient 3% de leur déplacement à vélo contre 26% pour les hollandais (3).
Sur la base d’un coût au kilomètre en 2017 de 0,42 cts d’euro pour une voiture (on prend en compte une hausse du coût des carburants au niveau de 2012), l’économie réalisée par an grâce à une pratique hollandaise du vélo serait de 1 100 Euros par voiture (15 000 km x (26%-3%) x (0,42-0,10 cts d’euro/km)).
Multiplié par 32 millions cela donne la bagatellle de 35 milliards d’euros d’économie.

A ce montant il faut ajouter les économies liées à la santé car faire du vélo réduit le risque de nombreuses maladies.
Ce montant a été évalué à 31 milliards d’euros pour la population des Pays-Bas, soit 3% de leur PIB (4). Sachant que les Néerlandais sont 16,8 millions et que les Français sont 66 millions cela représenterait à l’échelle de la France une économie additionnelle de 120 milliards d’euros.

Pour y parvenir il faudrait investir dans des infrastructures qui permettent de sécuriser les cyclistes. Si l’on se base sur les dépenses de la ville modèle de Gröningen aux Pays-Bas cela représenterait un investissement de 89 euros par an par français soit 6 milliards d’euros par an.

Conclusion : une économie de l’ordre de 150 milliards d’euros par an

( 1) https://fr.wikipedia.org/wiki/Parc_automobile_francais
(2) http://www.linternaute.com/auto/magazine/enquete-en-ligne/enquete-en-ligne-vous-et-votre-voiture/une-moyenne-de-15-000-km-an.shtml
(3) http://www.fietsberaad.nl/library/repository/bestanden/Leveloauxpaysbas2009.pdf
(4) http://ajph.aphapublications.org/doi/abs/10.2105/AJPH.2015.302724

Et les conséquences pour Paris ? pour Grenoble ?

Ce week-end Paris n’en peut plus d’être pollué par la circulation et doit se résoudre à des solutions douloureuses pour ses concitoyens comme la circulation alternée ou des vignettes stigmatisant les véhicules pollueurs.
A Grenoble aujourd’hui les commerçants manifestent contre le projet d’un centre-ville réservé aux piétons et aux vélos. Mais la cuvette Grenobloise a-t-elle le choix ? 

Sur la base d’une émission de 110 g de CO2 par kilomètre pour une voiture, la baisse d’émission de CO2 si l’on passait de 3% à 26% de part vélo dans nos déplacements serait de 12 millions de tonnes par an (32 millions de voiture x 15 000 km x (26%-3%) x 110 g).
Ramené aux 20% que représente l’Ile de France cela fait 6 650 tonnes par jour en moins d’émission de CO2 (une recherche rapide sur Internet ne nous a permis de trouver une estimation sur la réduction des émissions de CO2 permise par la circulation alternée).

Et comme les déplacements de moins de 6 km en ville se font plus vite à vélo qu’en voiture, on finit vraiment par se demander pourquoi les français ne suivent pas la piste cyclable tracée par nos amis hollandais.